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AGRONOMIE ar2-r.gif (1769 octets) Coton
Les diverses espèces de cotonniers sont d'origine intertropicale; elles sont nombreuses, mais quatre à cinq seulement offrent un intérêt industriel.

La culture du cotonnier est fort ancienne. La littérature de la Chine relate que, dans ce pays, le cotonnier était déjà exploité trois mille ans avant notre ère. D'autre part, plus de dix siècles avant Jésus-Christ, le coton était déjà produit, filé et tissé aux Indes. On pense que le coton fut introduit en Egypte, par des marchands indiens, d'où il se répandit dans les régions Est du bassin méditerranéen.

Les croisades furent à l'origine de l'usage du coton en Europe occidentale. Plus tard, les voyageurs européens explorant le Nouveau-Monde y trouvèrent de nouvelles espèces de cotonniers utilisés par les Aztèques du Mexique et les Incas du Pérou. Au début du XVIIIe siècle, le cotonnier fut cultivé en Virginie et peu après aux Antilles.

Actuellement sa culture s'est répandue dans les régions chaudes de toutes les parties du monde.

Le tissage du coton fut commencé en Europe dés le XIVe siècle, mais les métiers à tisser ne furent sérieusement perfectionnés que durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle; A cette époque, la diffusion du coton se heurtait aux difficultés de l'égrenage qui devait se faire à la main; le rendement ne dépassait pas un livre de coton par jour. L'invention de l'égreneuse à scies par E. Whitney, en 1794, et la mécanisation de la filature, donnèrent à l'industrie cotonnière – et ainsi à la culture – une impulsion irrésistible.

Tous les cotonniers appartiennent au genre Gossypium, de la famille des Malvacées. Les cotonniers cultivés sont répartis en deux groupes :

  1. Le groupe asiatique, comportant Gossypium herbaceum et Gossypium arboreum.
  2. Le groupe américain, comportant Gossypium barbadense, Gossypium peruvianum et Gossypium hirsutum.

Le Triumph big Boll, principale variété du Gossypium hirsutum cultivée en République Démocratique du Congo, est originaire du Texas. C'est une plante pyramidale vigoureuse de 1 m à 1m50 de hauteur, à branches fructifères nombreuses, courtes et basses; Les fleurs comportent cinq pétales et trois grandes bractées pubescentes. Les pétales, de couleur ivoire, deviennent roses, puis rouges après la fécondation.

La capsule se compose de quatre à cinq loges contenant chacune sept à huit graines. Le Triumph Big Boll produit de volumineuses capsules pendant vers le sol, de maturité hâtive et auxquelles le coton adhère parfaitement, ce qui constitue un facteur très favorable pour la cueillette. La longueur des fibres varie de 24 à 26 mm.

Le cotonnier n'existait pas au Congo à l'époque de la pénétration européenne, mais il y fut introduit de bonne heure par divers voyageurs et missionnaires et, à l'Est, par des trafiquants arabes.

Les premiers essais de culture rationnelle furent entrepris par l'Etat Indépendant en 1893. D'autres furent tentés dans le Bas-Congo en 1905. En raison des facteurs climatiques, ils furent négatifs. En 1911, l'expert américain Fisher fut plus heureux. Après une première réussite, la culture fut introduite au Maniema, au Sankuru-Kasaï et dans les Uélés. Dés 1921, la production atteignait 1.770 tonnes, intéressait 15.000 planteurs et couvrait quelque 3.000 hectares.

Les cotonniers ne craignent pas les températures élevées; de nombreuses variétés se sont même adaptées à des climats tempérés à été chaud. L'altitude ne constitue guère un inconvénient à la culture, pourvu que la température soit suffisante et sans grands écarts. En ce qui concerne la pluviométrie, le coton demande des pluies régulières et assez abondantes pendant sa croissance jusqu'à la fructification. A partir de ce moment, les pluies peuvent s'espacer et diminuer d'importance; par contre, l'ensoleillement doit augmenter. Lorsque les capsules arrivent à maturité et vont s'ouvrir, il faut que la sécheresse soit aussi parfaite que possible. Une pluviosité totale, de 600 à 800 mm, répartie en cinq ou six mois, est amplement suffisante au cotonnier.

Le cotonnier est peu exigeant en ce qui concerne le sol, il vient cependant le mieux dans les terres sablo-argileuses à argilo-sablonneuses, pourvu qu'elles soient bien perméables et suffisamment profondes.